Dico des Poissons
21/10/2012 15:27 par aq3
-
Dico des Poissons
21/10/2012 15:27 par aq3
La famille des Anguillidés ,anguille ,congre, murène (Dictionnaire du poisson)
Cette famille est plus importante qu’il ne paraît au premier abord, parce que beaucoup de ses représentants, semble-t-il, vivent dans les profondeurs abyssales, en plein océan donc, et échappent de ce fait à l’observation humaine. Presque toutes les espèces sont marines, comme le congre et la murène, seules les anguilles proprement dites vivent en eau douce. Ce sont des prédateurs, chassant souvent à, l’affût malgré une vue déficiente. L’expérience a montré, pour l’anguille en tout cas, que l’odorat et le goût sont largement mis à contribution au cours de la quête de la nourriture et compensent le manque d’acuité visuelle.
L'anguille
(Pimperneaux, verniaux, et pour la larve : civelle, piballe, bouiron, etc.) En eau douce il est impossible de confondre l’anguille avec aucun autre poisson, sauf peut-être avec les lamproies, dont nous avons déjà décrit les caractéristiques. Sur le littoral, on la distinguera aisément de la murène qui n’a pas de nageoires pectorales et dont le corps est d’ailleurs fort joliment marbré. On la confondra plus souvent avec les congres, qui ont cependant les yeux plus gros et la mâchoire inférieure non proéminente, de sorte qu’ils n’ont pas l’expression féroce de l’anguille.
La peau de ce poisson, épaisse et gluante, n’est pas nue comme il semble au premier abord, mais les écailles sont minuscules et noyées sous une abondante mucosité dans les tissus. On remarquera l’absence apparente d’opercule, l’ouverture respiratoire étant une mince fente en avant des nageoires pectorales. Cette disposition des branchies, presque closes, explique en partie la capacité remarquable qu’ont les anguilles de supporter un séjour prolongé hors de l’eau : elles conservent ainsi longtemps l’humidité nécessaire à une respiration restreinte et à l’intégrité de leurs organes respiratoires.

Les anguilles séjournant en eau douce sont d’un brun verdâtre plus ou moins foncé, avec le ventre jaunâtre, ce sont les anguilles jaunes. L’époque de leur retour à la mer approchant, leur dos devient bronzé, leur ventre s’argente, elles deviennent des anguilles argentées. Cette transformation est l’indice de leur proche maturité sexuelle et de leur imminente migration. Les anguilles argentées, en effet, vont entreprendre le grand voyage qui les ramènera pour la ponte sur les lieux de leur naissance.
Les anguilles d’Europe, comme celles de la côte Atlantique des Etats-Unis d’Amérique, vont pondre leurs œufs dans la mer des Sargasses, au nord des îles Bermudes. Les appareils de pêche des expéditions scientifiques ont découvert, dans ces emplacements en plein océan, les pontes qui flottent par 200 ou 300 mètres de fond.
(Pimperneaux, verniaux, et pour la larve : civelle, piballe, bouiron, etc.) En eau douce il est impossible de confondre l’anguille avec aucun autre poisson, sauf peut-être avec les lamproies, dont nous avons déjà décrit les caractéristiques. Sur le littoral, on la distinguera aisément de la murène qui n’a pas de nageoires pectorales et dont le corps est d’ailleurs fort joliment marbré. On la confondra plus souvent avec les congres, qui ont cependant les yeux plus gros et la mâchoire inférieure non proéminente, de sorte qu’ils n’ont pas l’expression féroce de l’anguille.
La peau de ce poisson, épaisse et gluante, n’est pas nue comme il semble au premier abord, mais les écailles sont minuscules et noyées sous une abondante mucosité dans les tissus. On remarquera l’absence apparente d’opercule, l’ouverture respiratoire étant une mince fente en avant des nageoires pectorales. Cette disposition des branchies, presque closes, explique en partie la capacité remarquable qu’ont les anguilles de supporter un séjour prolongé hors de l’eau : elles conservent ainsi longtemps l’humidité nécessaire à une respiration restreinte et à l’intégrité de leurs organes respiratoires.
Les anguilles séjournant en eau douce sont d’un brun verdâtre plus ou moins foncé, avec le ventre jaunâtre, ce sont les anguilles jaunes. L’époque de leur retour à la mer approchant, leur dos devient bronzé, leur ventre s’argente, elles deviennent des anguilles argentées. Cette transformation est l’indice de leur proche maturité sexuelle et de leur imminente migration. Les anguilles argentées, en effet, vont entreprendre le grand voyage qui les ramènera pour la ponte sur les lieux de leur naissance.
Les anguilles d’Europe, comme celles de la côte Atlantique des Etats-Unis d’Amérique, vont pondre leurs œufs dans la mer des Sargasses, au nord des îles Bermudes. Les appareils de pêche des expéditions scientifiques ont découvert, dans ces emplacements en plein océan, les pontes qui flottent par 200 ou 300 mètres de fond.
Les œufs des poissons apodes donnent des larves aplaties, transparentes, qui font partie du plancton marin et qu’on appelle des leptocéphales. Les larves leptocéphales de l’anguille d’Europe mettent trois ans pour atteindre nos côtes à la faveur des courants marins, elles ont alors six à neuf centimètres de long. Puis elles subissent une métamorphose.
Feuilles transparentes, au début, elles deviennent semblables à des vers translucides, puis de plus en plus opaques, longs de quelque sept centimètres. Elles sont devenues des civelles. C’est à l’état de civelles que les anguilles reviennent en eau douce. Deux facteurs physiques au moins interviennent dans leurs déplacements et déterminent leur direction : la teneur de l’eau en sel et les courants. Les civelles encore transparentes sont attirées dans les estuaires par l’eau douce et elles se déplacent à contre-courant. Elles apparaissent en hiver dans le sud de l’Europe, au printemps dans la Loire, en été dans le Nord. Elles circulent de nuit, au gré des marées, en contingents serrés qui s’étirent le long des rives où on les pêche, par quintaux, à la lanterne. Ces rangs serrés de civelles sont les fameux cordons. En dépit de toutes les causes de destruction, des myriades de civelles arrivent à franchir les obstacles qui se dressent sur leur route et deviennent les petites anguilles répandues partout, depuis les étangs saumâtres du littoral jusqu’aux mares isolées fort loin dans les terres.
Les anguilles en rivière se dissimulent dans les enrochements, ou bien s’enfouissent presque entièrement dans la vase et elles chassent à l’affût. On peut alors les voir, sortant la tête de leur trou, et, comme un diable jailli d’une boîte, s’élancer au passage d’une proie. Dans les lacs, c’est surtout par les nuits sombres et par temps orageux qu’elles se font prendre aux lignes de fond. Dans les ports de mer, elles se nourrissent en grande partie de déchets de poissons rejetés à l’eau. En étang, elles contribuent à exterminer les larves de moustiques. Le régime des anguilles est donc très varié, elles s’accommodent même de toutes sortes de rebuts ; en revanche elles sont des hôtes indésirables en pisciculture.
L’anguille passe en eau douce une dizaine d’années environ et souvent beaucoup plus. La femelle devient notablement plus volumineuse que le mâle. A l’approche de sa maturité, quand sa peau s’argente, elle mesure entre 50 cm et un m et peut peser plus de trois livres, exceptionnellement trois kilos. Un mâle n’atteint probablement jamais 50 cm et pèse tout au plus 120 gr. Il existe une seule espèce d’anguille en Europe. On fait pourtant un peu partout une distinction entre les anguilles à tête large, les verniaux, et celles qui ont le museau plus pointu, les pimperneaux. Ces types me paraissent être les extrêmes d’une notable variation individuelle, il n’est peut-être pas exclu qu’ils correspondent à quelque différence sexuelle, les " museaux pointus " restant plus petits comme c’est le cas des mâles. Il est d’ailleurs souvent difficile de se prononcer sur le sexe d’une anguille au moins tant qu’elle n’a pas atteint une trentaine de centimètres. On sait qu’à proximité de la mer la plupart des individus semblent être des mâles, soit que les femelles en eau saumâtre subissent une inversion sexuelle, par influence du milieu, soit que les futures femelles aient une tendance plus prononcée à pénétrer à l’intérieur des terres. Les problèmes que pose la sexualité des anguilles sont loin d’être résolus.
Les anguilles argentées, pour descendre à la mer, s’aventurent souvent dans les prés humides durant les nuits d’orage, passant subrepticement de la mare isolée où elles ont vécu, dans les rivières, où elles se laissent aller au fil de l’eau. Le grand départ a lieu surtout lors des crues d’automne. C’est aussi à la faveur d’une tempête que les étangs du littoral se vident parfois d’un seul coup de toutes leurs anguilles adultes. A ce moment, elles sont fort grasses et très appréciées lors de la préparation en anguilles fumées. Leurs réserves de graisses sont mises à contribution pour l’immense voyage qu’elles entreprennent. C’est en effet quelque 3000 km. de parcours en mer qu’il leur faudra couvrir en 3 à 5 mois pour atteindre la mer des Sargasses.
Remarquons encore, pour terminer, l’extraordinaire retard de croissance que subissent les anguilles. La petite civelle qui s’aventure en eau douce, malgré sa chétivité, est déjà un poisson " vieux " de trois ou quatre ans. Sa croissance ultérieure dépend grandement des circonstances locales et il est difficile de donner des normes précises.
Grosso modo, on peut admettre qu’un mâle de 40 cm. peut avoir entre 10 et 12 ans de vie continentale, tandis qu’une femelle de même âge aura 50 à 60 cm.
Le congre
Implantation
Bien que surtout présent dans l'Atlantique et en Manche, on trouve le Congre commun aussi en Méditerranée.
Les Congridés, nombreux, peuplent en fait toutes les mers des zones tempérés et tropicales.
Mode de vie
Dans ces mers, il aime trouver refuge dans les récifs et les épaves, et ce jusqu'à des profondeurs de 3 000 m. Caché, il bondit sur ses proies sans prévenir. Comme d'autres, n'aimant guère la lumière, il préfère la nuit pour se nourrir. S'il vous arrive d'en attraper un, faites trés attention à sa machoire qui est une arme redoutable.
En période de reproduction, le Congre migre vers des zones situées plus au large. La maturité sexuelle du Congre intervient entre 5 et 15 ans avec une transformation physique importante allant jusqu'à une dégénérescence de son squelette et de sa dentition. Après le frai, les Congres adultes meurent.
Les jeunes, après 1 à 2 ans passés en eau profondes, rejoindront les côtes ensuite..
Pêche
On trouve le Congre en Manche, en Atlantique et en Méditerranée. C'est un carnassier particulièrement vorace et exigeant. Aussi, il n'appréciera qu'une esche fraiche et dont la taille corresponde à son énorme appétit. Les poissons comme la sardine, le hareng et le maquereau, maquereau mais aussi les céphalopodes comme le calmar, la seiche, et le poulpe lui convienne parfaitement.
Sur le bord, on peut le pêcher depuis les rochers, les ouvrages des ports et les longs épis, bordés par des enrochements. On peut le prendre également au surf-casting en particulier sur les plages de l'Atlantique et du Languedoc, situées à proximité de zones rocheuses ou d'une épave. Ce puissant prédateur vit dans des trous, dans les roches ou anfractuosités entre les blocs qui protègent les digues. Si durant l'été, il est abondant; c'est lors de la saison froide qu'il est plus facile à capturer et plus particulièrement les gros spécimens.
Avec une mer calme et une nuit sans lune le pêcheur a toutes les chances de pouvoir le capturer. A la tombée de la nuit, le Congre quitte sa cachette pour se nourrir. La faim le pousse parfois à s'aventurer dans les avant-ports et les ports. Le jour, s'il peut se manifester c'est à des profondeurs bien plus importantes. Là où la nourriture est abondante, le Congre peut se manifester. Ainsi dans la région de Dieppe, lors de la saison des harengs, en automne, il s'approche des jetées en pleine journée.
Ce poisson peut atteindre plus de 20 kilos. Le congre est l'un des plus gros poissons que l'on puisse prendre depuis le bord le long de notre littoral. Depuis le bord ou d'une jettée, il n'est pas indispensable de lancer trés loin son appât. Il faut simplement le proposer sur le sable en bordure des enrochements qui protègent une digue.
La canne doit être toujours bien calée et le frein du moulinet serré, mais non bloqué. Bien des pêcheurs côtiers ont vu leur canne et leur moulinet partir à l'eau entraînés vers le fond par un congre piqué au bout de la ligne.
Avant d'engamer l'esche, le carnassier vient la renifler, la goûter, tester sa qualité, puis, si celle-ci lui plaît, il l'avale et tente de regagner aussitôt sa cachette. La touche est donc brutale, la canne se courbe. Le pêcheur, doit ferrer très rapidement et énergiquement, la canne bien haute, afin de décoller le prédateur du fond. Pour se défendre, le Congre tournoiera et tentera de plonger pour retourner dans sa cachette, ou bien, il essaiera de trouver de quoi s'agripper avec sa puissante queue. Une fois que le congre est à la surface, au pied de l'ouvrage ou du promontoire, une gaffe à très long manche est indispensable pour le remonter au sec. Mais attention, le Congre une fois pris, essaiera souvent de mordre avec ses puissantes mâchoires. Ne vous précipitez pas pour le décrocher sans prendre certaines précautions. Un bon coup de gourdin au niveau de l'anus le rendra inoffensif.
Pour cette pêche, une très forte canne de 3 à 4,20 mètres d'une puissance de 200 grammes est nécessaire. Celle-ci doit être équipée d'un moulinet à tambour fixe à pick-up manuel, garni de Nylon du 40 au 60/100.
En Méditerranée, lors des mois d'été, un matériel moins costaud peut être employé, le poids moyen se situant autour des 2 ou 3 kilos.. Ceci étant, à la nuit tombante, les beaux sujets viennent aussi vers les bords. Les petits sujets doivent être remis à l'eau.
Les montages "coulissant" sont les plus efficaces pour la pêche de ces jeunes congres. Au moment de la touche, ce poisson très méfiant ne doit sentir aucune résistance.
On peut utiliser soit un bas de ligne avec coulisseau, soit un plomb percé de 100 à 200 grammes. L'empile en acier, longue de 30 à 60 centimètres, doit être armée d'un fort hameçon n° 3/0 à 8/0. Pour les appâts consistants, un montage en tandem avec deux hameçons (n° 2/0 et 5/0, par exemple) peut se révéler plus efficace. L'appât de base est la sardine fraîche. Le bas de ligne se compose d'un fort fil acier terminé par un "gros" triple. Après avoir coupé la sardine pour ne concerver que la partie arrière, faire passer le bas de ligne dans la sardine, de manière qu'il ressorte à la queue. En tirant sur le bas de ligne, le triple vient se plaquer contre la sardine dans laquelle on fera pénétrer les pointes. Pour assurer la tenue de l'appat, au moyen d'un fil de cuivre, ligaturer à la naissance de la queue.
Attention : Il existe une taille légale de capture
Les Murènes
Un "monstre marin" pas si méchant!
La murène, poisson au corps serpentiforme et sans écailles de la famille des anguilliformes, est bien mal considérée. En effet, on la dit agressive, dangereuse et surtout très laide! Pourtant la diversité de sa livrée est parfois digne des plus beaux tissus imprimés: tachetée, tatouée, frangée, zébrée... Elle sait aussi déployer une large palette de couleurs: brun-chocolat, blanc cassé, noir, jaune-sable et même bleu écarlate. Quant à sa taille, celle-ci peut varier de 25 centimètres, comme pour la murène ruban, à près de 3 mètres pour la murène javanaise!
Certes, sa tête est massive, ses yeux sombres et ses crocs recourbés vers l’intérieur la rendent menaçante, pourtant la murène n’attaque que si on la dérange. Si elle tente de mordre un plongeur imprudent, c’est seulement son instinct de défense qui la fait agir. Ses crocs ne sont pas venimeux comme on le mentionne souvent, toutefois certaines espèces peuvent inoculer une toxine sécrétée par les muqueuses buccales. Mais la murène a aussi des amis fidèles, elle entretient une relation commensale avec des petites crevettes ou des labres appelés "nettoyeurs". Ces hôtes pénètrent dans sa bouche, et telle une brosse à dent vivante, la débarrassent des parasites et déchets encombrants tout en se nourrissant. Discrète, secrète, la murène peuple les mers tropicales et tempérées, vivant cachée dans les anfractuosités rocheuses et des concrétions coralliennes, ou au sein des multiples cachettes d’une épave, ne laissant apparaître que sa tête au museau pointu, bouche ouverte, il est vrai d’un aspect peu engageant...
C’est surtout la nuit qu’elle part en chasse, repérant grâce à son odorat très aiguisé - qui pallie à sa mauvaise vue - quelques poissons affaiblis ou morts, poulpes, seiches, calamars et divers crustacés; cette fonction de nécrophage a toute son importance, aussi notre animal joue-t-il sans le savoir un véritable rôle écologique dans l’équilibre des fonds marins.
Lors de sa reproduction, ses œufs fécondés après la ponte donneront naissance à de petites larves translucides qui dériveront au fil des eaux et du temps et mettront deux années pour devenir une murène adulte au corps dépourvu de nageoires pectorales et pelviennes; seule une légère excroissance laissera deviner une fine nageoire dorsale. Comme tous les habitants de la mer, la jeune murène devra se nourrir, affronter ou fuir ses ennemis puis se reproduire.
Si aujourd’hui certaines espèces de murènes sont fort prisées pour agrémenter une bouillabaisse ou être dégustées grillées, elles ravissaient autrefois les convives du romain Licinius Muraena (à qui elles doivent leur nom) qui élevait des murènes pour les exhiber ou... pour y jeter quelques esclaves en pâture. De là naquit la légende qu’elles sont de redoutables prédateurs qui n’hésitent pas à attaquer les plongeurs.Si aujourd’hui certaines espèces de murènes sont fort prisées pour agrémenter une bouillabaisse ou être dégustées grillées, elles ravissaient autrefois les convives du romain Licinius Muraena (à qui elles doivent leur nom) qui élevait des murènes pour les exhiber ou... pour y jeter quelques esclaves en pâture. De là naquit la légende qu’elles sont de redoutables prédateurs qui n’hésitent pas à attaquer les plongeurs.
Reste maintenant à considérer ce "joli monstre" avec un peu plus de mansuétude!
Reste maintenant à considérer ce "joli monstre" avec un peu plus de mansuétude!
La famille des Acipenséridés , esturgeons . (
Les esturgeons sont des poissons de mer qui viennent se reproduire en eau douce. Ils évoquent pour moi les poissons primitifs fossiles, dont le corps était comme blindé par une couche rigide d’os dermiques. L’esturgeon n’a conservé de ces ancêtres primaires que les larges plaques couvrant la tête et cinq rangées d’écailles émaillées et luisantes. Il est bien étrange avec son rostre pointu, sa bouche très en arrière, extensible comme une trompe aspiratrice, précédée de deux barbillons ridicules, sa longue nageoire caudale très asymétrique comme celle des requins. Comme les requins aussi, il a un squelette cartilagineux et l’intestin pourvu d’une valvule spirale. Cette valvule est une chicane en pas de vis, qui oblige les aliments en voie de digestion à parcourir un long trajet spiral malgré la faible longueur du tube. Mais, au contraire des requins, ses branchies sont couvertes d’un large opercule. On peut en somme considérer les esturgeons comme des poissons intermédiaires, par diverses particularités, entre les requins et les téléostéens, ce qui ne signifie évidemment en aucune façon qu’ils ont été un terme de passage entre ceux-là et ceux-ci.
Ces magnifiques poissons atteignent des tailles gigantesques, jusqu’à 9 m et 500 kg dit-on pour une espèce de la Russie méridionale. Ils font l’objet d’une chasse intensive car, outre la qualité de leur chair savoureuse, ils fournissent deux produits de valeur : une excellente colle de poisson, tirée de leur vessie natatoire et surtout le coûteux caviar, avec leurs oeufs.